Pour les jeunes d'aujourd'hui, une disquette, c'est juste une icône de sauvegarde dans les vieilles applications. Mais pour les plus anciens, c'était un objet qui symbolisait avant tout la liberté, le partage (et le piratage). Ce n'est peut-être pas pour rien que le studio Assoupi, en partenariat avec l'éditeur The Arcade Crew a décidé de faire d'une disquette le personnage principal de son jeu de plateforme : Mainframes. Nous allons donc vous partager nos impressions sur le jeu que ces auteurs ont décidé de nous concocter, d'autant qu'il a certains atouts dans sa manche.

Autoexec.bat n'a qu'à bien se tenir

Floppy a beau avoir la forme d'une disquette (ce qui aura son importance dans l'histoire), il est avant tout un démon (daemon) informatique. Il commence sa vie dans une petite application sans trop savoir ce qu'il y fait. Les daemons n'aiment pas rester oisifs, alors très rapidement, il va sortir de son application pour rejoindre celle d'à côté, puis la suivante, jusqu'à sortir de l’écran…et passer au suivant. Floppy ne le sait pas encore, mais une grande aventure qui va chambouler le réseau informatique est sur le point de commencer. Il va ainsi se balader dans une série d'ordinateurs, non sans passer entre chaque dans un point central appelé salle de pause. A mesure que l'histoire avance, il en profite pour libérer sur son passage un certain nombre d'autres daemons et les envoyer par ascenseur dans la salle de pause qui va rapidement devenir pleine de vie. Cette salle est le principal vecteur d'informations sur l'histoire et va petit à petit nous communiquer des informations sur notre présence ici et notre objectif. Structurellement, le jeu se compose d’un certain nombre de niveaux correspondant à des ordinateurs. Chaque niveau est composé d'un certain nombre d'écrans reliés entre eux par un passage, dont certains constituent le chemin principal vers la sortie. Régulièrement, des salles proposeront plusieurs sorties et donc des embranchements vers des passages alternatifs visant principalement à proposer au joueur des défis servant à libérer des daemons et viser le 100%. Toutefois certains passages peuvent aussi constituer des routes secondaires emmenant au même but. Globalement, la structure des niveaux n'est pas très complexe, mais on aurait apprécié une mini map pour se situer un peu mieux (et pourquoi pas faire des voyages rapides). Qu'à cela ne tienne, on progresse sans trop de mal dans cette série d'écrans. La difficulté est globalement bien dosée avec la bonne dose de défi, mais la fin du 4ème niveau constitue tout de même un énorme pic de difficulté. Heureusement, les développeurs sont sympas et proposent des options activables (ou désactivables) à tout moment pour simplifier le jeu. Au menu un saut infini ou le ralentissement de l'action par exemple. N'ayez pas trop honte de vous en servir sur ce passage précis, mais pensez tout de même à ne pas en abuser de trop. Le jeu propose globalement 4H de jeu, il serait dommage de vous gâcher l'expérience en cédant trop vite à la facilité vu que le die & retry est dans l'ADN du jeu. Petite précision, même si l'histoire n'est pas au cœur du jeu, tout est traduit en français.

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Niveau gameplay, Mainframes se présente comme un jeu de plateforme conventionnel en vue de côté. Les commandes de base sont simples : bouger, sauter, double sauter et rebondir contre les murs. Mais Mainframes n'est pas pour autant un jeu de plateformes comme les autres car il propose quelque chose de neuf assez intéressant. Les écrans des niveaux sont ainsi constitués de plusieurs fenêtres d'applications. Ces applications ont une certaine taille et un comportement différent. Avec les gâchettes L et R, il est possible de basculer l'application active dont le comportement sera activé. Toutes les applications ne sont pas sélectionnables, mais il faudra parfois jongler avec une petite dizaine de fenêtres. Le comportement de ces dernières est très diversifié. Certaines s'agrandissent en même temps que vous avancez vers la droite par exemple, d'autres sont déplaçables manuellement (avec le stick droit), ou encore jouent sur la gravité de Floppy. Le jeu récupère le principe du "1 niveau une idée" si cher à Nintendo. Entre les applications, il y a parfois des icones diverses que vous pouvez activer en leur double sautant dessus. Pour ne rien arranger, les daemons à sauver eux aussi ont des comportements différents selon leur type. Certaines salles jouent sur les réflexes, d'autres sont plus axées puzzles, mais il y aura toujours du nouveau pour ne pas s'ennuyer et avoir l'impression de faire tout le temps la même chose.

Tunning geek

Graphiquement, Mainframes se la joue retro, et c'est une réussite. Chaque écran donne l'impression d'être affiché sur un vieux CRT avec ses reflets et son affichage de fonds d'écrans 8/16 bits pixélisés avec des couleurs limitées. Les différentes applications sont schématisées au maximum pour plus de lisibilité lors de l'action, mais cela n'empêche pas le jeu de proposer du pixel art de grande qualité par moments, en particulier lors des passages dans la salle de pause. Et l'animation est superbe. Niveau sonore, Mainframes se la joue assez discret avec des sonorités typées musiques d'ascenseurs, cozy et jazzy, même si quelques passages sont rythmés par quelque chose de plus punchy.

Mon avis à moi

Mainframes ne tente pas de réinventer la roue. Il se base sur des mécanismes classiques et solide. Cela ne l'empêche pas pour autant de proposer des choses innovantes et de s'en tirer avec les honneurs. Certes il mérite peut-être quelques ajustements, mais en l'état il dispose déjà de solides arguments pour vous permettre de passer un bon moment et le cas échéant vous faire aimer les disquettes.

A qui s'adresse Mainframes ?

- A ceux qui aiment la plateforme

- A ceux qui aiment les disquettes

- A ceux qui aiment le die & retry

A qui ne s'adresse pas Mainframes ?

- A ceux qui attendent une version disquette du jeu

- A ceux qui ne supportent pas de rater le 100%

- A ceux qui préfèrent le style plus moderne

Johann Barnaud alias Kelanflyter